L'exemple des treize années
Tim Blake Nelson a expliqué à TheWrap au TIFF avoir écrit la première version de The Life and Deaths of Wilson Shedd vers 2013, avant de consacrer plus d'une décennie à faire produire le film. Réunir des interprètes autour du drame n'a pas immédiatement attiré le financement; il présente sa persévérance, plutôt qu'une formule de déblocage unique, comme la raison de son arrivée à l'écran. Ce parcours concrétise son avertissement industriel : il ne s'agit pas seulement d'une plainte formulée lors d'une première, mais du récit d'une idée créative achevée restée longtemps sans les moyens nécessaires pour être tournée.
Ce qui aurait changé selon Nelson
Nelson cite la diminution du nombre d'investisseurs, d'acheteurs et de studios dans l'économie du cinéma indépendant. Selon lui, les investisseurs cherchent davantage des cinéastes ayant récemment connu un succès commercial, ce qui rend les drames atypiques plus difficiles à financer même avec des interprètes reconnus. Il dit aussi percevoir une amélioration et estime que les créateurs doivent produire des œuvres mémorables capables de reconquérir le public. Les deux volets importent : son expérience établit la difficulté de Wilson Shedd, tandis que son diagnostic global et son espoir de reprise restent le point de vue éclairé d'un professionnel plutôt que des résultats mesurés indépendamment.
La conséquence pour le public
Un entonnoir de financement plus étroit touche les fans avant même qu'un film obtienne une date. Les projets qui ne cadrent pas avec une franchise, l'horreur, les prix ou un autre créneau facile à vendre peuvent attendre plus longtemps, se transformer pour attirer un investissement ou ne jamais être produits. Le public risque alors de voir moins de drames adultes hors des grands studios et des festivals concentrés sur les rares œuvres ayant franchi l'obstacle financier. Une reprise réelle se verrait dans davantage d'acquisitions, d'acheteurs, de délais raccourcis ou d'investissements documentés. Pour l'instant, Wilson Shedd est une étude de cas révélatrice, pas la preuve que chaque film indépendant attend treize ans.